Sacré aspirine!

Sacré aspirine!

L’aspirine n’en finit plus de nous surprendre. Récemment, plusieurs études ont suggéré un intérêt bénéfique de l’aspirine donné à titre préventif pour diminuer l’incidence de certains cancers digestifs.
Maintenant, c’est le rôle bénéfique de l’aspirine administré en prévention secondaire de la thrombose veineuse profonde (TVP) qui est suggéré dans un article original publié le mois dernier par le NEJM et commenté dans l’éditorial de Becker.

Jusqu’à assez récemment, on pensait pourtant que l’aspirine ne jouait un rôle que sur le versant artériel, mais pas sur le versant veineux. Ce dogme est désormais sérieusement remis ici en question. En effet, la poursuite du traitement anticoagulant oral (AVK) après un épisode de TVP s’accompagne d’un risque hémorragique réel et du besoin d’une surveillance biologique régulière. L’étude WARFASA vient de montrer que l’aspirine pouvait être une alternative aux AVK en diminuant les récidives de TVP de 40 à 50% (vs 60 à 90% avec les AVK ou les nouveaux anticoagulants oraux) mais à un coût très inférieur et un risque hémorragique minime. Cette étude a exclue d’emblée les patients ayant des facteurs favorisants les thromboses comme des troubles de l’hémostase ou des néoplasies. Pour les patients ayant un fort risque hémorragique et une TVP « idiopathique », l’aspirine serait donc une alternative intéressante aux anticoagulants oraux. On ne sait rien encore de l’efficacité de l’aspirine dans des groupes de patients « à risque thrombotique». D’autres éléments de réponse devraient voir le jour avec la publication attendue cette année de l’étude ASPIRE.