Pour ne plus passer à côté des dissections aortiques?

Logo AJEM

Peut-être une révolution dans le diagnostic en urgence de la dissection aortique : c’est ce que nous proposent 2 auteurs canadiens d’Ottawa.
Dans un case-report actuellement sous presse dans l’AJEM, Rosenberg et Al-Rajhi nous rapportent l’intérêt de l’échographie dans le diagnostic de la dissection aortique, images à l’appui (photos et video).

En effet, l’échographie thoracique utilisée ici pour la première fois par voie sus-sternale a permis le diagnostic d’une dissection aortique de type B chez un patient fumeur de 51 ans au décours du bilan d’une douleur épigastrique, évoquant en tout premier lieu une pathologie digestive. Après avoir découvert un flap intimal de l’aorte abdominale, ils ont eu l’idée d’essayer de visualiser l’aorte par voie sus-sternale. Et surprise… Le flap a alors pu être visualisé au niveau de la crosse aortique, ce qu’a confirmé la tomodensitométrie thoracique réalisée plus tard.
Les auteurs rappellent ensuite que la mortalité de la dissection de l’aorte est comprise entre 29 et 34% pour le type A et entre 15 et 25% pour le type B. C’est la première description de l’échographie thoracique par voie sus-sternale sachant que l’échocardiographie transthoracique n’a qu’une sensibilité de 59 à 83% et une spécificité de 63 à 93%. L’échocardiographie par voie transoesophagienne, le scanner ou l’IRM ont par contre d’excellentes sensibilités (98%, 98% et 100% respectivement) et spécificités (95%, 98% et 98% respectivement). Pour le diagnostic en urgence, l’utilisation de l’échographie par voie sus-sternale semble assez facilement réalisable, en préhospitalier ou aux urgences mêmes. Je vous propose d’essayer cette technique et de nous faire part au plus vite de vos impressions.
 
A lire aussi un intéressant papier sous presse lui aussi dans l’AJEM sur la sémiologie parfois trompeuse de la dissection aortique.