Je préfère travailler la nuit, et vous?
On l’a vu dans un précédent papier, l’accidentologie routière est plus importante en sortie de garde. Et bien on vient d’apprendre que si l’urgentiste de garde ne se tue pas en voiture en sortie de garde, il mourra gros et diabétique ! Ou plutôt « elle »…
C’est en substance ce que révèle le colossal travail épidémiologique publié par l’équipe de Pan (Boston, USA) dans PLoS Medicine en décembre dernier (IF 15,6 en 2010) : cette équipe a suivi sur une période de 20 ans environ 165000 infirmières qui travaillent la nuit, en tout bien tout honneur rassurez-vous ; la conclusion est sans appel : les femmes qui travaillent la nuit ont plus de diabète de type II et sont plus à risque d’obésité que celles qui travaillent de jour (jusqu’à 60% d’augmentation), et c’est corrélé avec la durée depuis laquelle ces femmes travaillent la nuit. Messieurs, ne souriez pas, je pense que vous risquez la même chose.
Les causes évoquées sont le manque d’exercice physique durant la nuit, les mauvaises habitudes alimentaires acquises, les dérégulations des cycles circadiens et hormonaux et les anomalies qualitative et quantitative du sommeil.
Alors si vous voulez rester jeune et svelte, travaillez de jour et arrêtez les gardes, ou bien bougez et stoppez les incursions nocturnes dans le frigo de l’office pour rechercher quelque chose de mangeable à grignoter…
A lire aussi : l’éditorial de la revue.
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