Cédric HAVARD, Stéphane ROCH, Vincent DUBROUS

Alternative au lavage

des mains en intervention

Le milieu hospitalier est soucieux de l’hygiène des mains. Cette problématique est plus récente chez les Sapeurs-Pompiers. Le Départemental d’Incendie et Secours de la Seine et Marne s’est penché sur ce problème dans le cadre des travaux de sa section chargée des risques infectieux auprès de la direction de son service de santé et de secours médical.


LE LAVAGE DES MAINS
Il a pour but d’éliminer la flore transitoire et de diminuer la flore commensale afin de prévenir la transmission manuportée. Qu’il soit simple ou antiseptique, le lavage des mains requiert du temps (30 secondes pour un lavage simple, 1 minute pour un lavage antiseptique) du matériel (distributeur de savon liquide ou antiseptique, point d’eau, distributeur d’essuie-mains à usage unique, poubelle à ouverture sans contact manuel) et une procédure prédéfinie et connue.

LAVAGE DES MAINS EN INTERVENTION :
Il est difficile d’imposer un lavage des mains aux équipages des VSAB dans les situations suivantes :
Départ en intervention : perte de temps, recontamination systématique durant le temps de trajet ou l’abord de la victime.
En intervention : les VSAB sont parfois équipés d’un point d’eau mais beaucoup ne possèdent pas l’ensemble du matériel nécessaire au lavage des mains (d’essuie-mains, savon, poubelle). Les lavabos sont souvent difficiles d’accès. Le stockage de l’eau du VSAB dans un jerrican en plastique contraint au changement très fréquent de celle-ci si l’on souhaite obtenir une eau décontaminée. Par ailleurs sa chloration ou son iodation ainsi que la décontamination périodique du récipient sont des contraintes notables. De plus, les eaux usées sont évacuées instantanément sur la chaussée (autre problème d’hygiène sur intervention...). Cette problématique a conduit de nombreux services à condamner l’usage de ces lavabos.
Au SAU : l’équipage est souvent confronté à la difficulté de trouver un espace sanitaire pour aller se laver les mains sans s’introduire dans un box déjà occupé, dans une salle de soins vide ou dans les sanitaires réservés au personnel. Le lavabo de la cellule est par ailleurs inutilisable dans le SAS puisque les eaux usées y seraient alors directement déversées.

DEMARCHE RETENUE PAR LE SDIS 77 :
La section des risques infectieux du SDIS 77 a recherché une solution alternative au lavage des mains. Les résultats des différentes études et recherches ont abouti à l’adoption d’un système par friction des mains pendant au moins 15 secondes avec une solution bactéricide hydro-alcoolique permettant à la fois un lavage simple et antiseptique sans essuyage des mains grâce à l’évaporation de l’alcool. Le produit retenu est le Stérilium® en flacon de 100 et de 500 ml. L’équipement de chaque VSAB comporte un flacon de 100 ml rangé à côté de la boîte distributrice de gants dans la cabine et un flacon de 500 ml fixé sur un support distributeur contre la paroi de séparation cellule /cabine. Le produit est utilisé à chaque départ en intervention, avant de mettre ou enlever des gants à usage unique, et à l’issue de chaque intervention. Le coût d’un flacon de 100 ml s’élève 10 FF TTC celui d’un flacon de 500 ml à 20 FF TTC environ. Un support à flacon de 500 ml coûte environ 120 FF TTC. Un flacon de 100 ml permet 25 lavages (125 pour un flacon de 500 ml). Le coût du produit est à relativiser en fonction de l’économie de savon et d’essuie-mains qu’il autorise.
Parmi les avantages du système retenu on retrouve une augmentation de la fréquence du lavage des mains, une économie de savon et d’essuie-mains à usage unique et un arrêt de l’utilisation de l’eau stagnante des jerricans. Des actions de sensibilisation des personnels sont cependant indispensables pour faire changer les habitudes.


CONCLUSION
L’amélioration de l’hygiène en intervention est un souci permanent des SSSM. L’alternative au lavage des mains est difficile à mettre en place en raison des changements d’habitude qu’elle induit. La friction hydro-alcoolique des mains est cependant devenue aujourd’hui un automatisme pour la plupart de nos équipiers VSAB. L’intégration du SSSM, la participation active des professionnels de santé aux actions de formation et l’action synergique des enseignants du secourisme ne sont pas étrangères à ce succès.

Cédric HAVARD, Stéphane ROCH
Infirmiers Sapeurs-Pompiers
Vincent DUBROUS
Infirmier Principal
SDIS de Seine et Marne

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