Jean-Luc JEANNIN

Les infirmiers de la Cellule
d’Urgence Médico-Psychologique

Une nécessaire évolution des connaissances

Lors d’un Accident Catastrophique à Effets Limités (ACEL), d’une catastrophe, comme en règle plus générale, lors d’une situation d’intervention d’urgence classique, l’infirmier se trouve souvent en première ligne, le psychiatre ayant, par définition, un rôle de coordinateur auprès du Directeur des Secours Médicaux (DSM) ou un rôle de régulateur au Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU).

FORMATION INITIALE DES INFIRMIERS A LA PRISE EN COMPTE DE PROBLEMES PSYCHOLOGIQUES :
La formation initiale (poster n°1) découle de la réglementation telle qu’elle est édictée par les décrets de février et mars 1993, et, depuis 1994, de la réforme des études conduisant à une formation commune englobant les soins généraux et la psychiatrie.


CADRE REGLEMENTAIRE REGISSANT LES INTERVENTIONS DES INFIRMIERS :
Pour répondre au cadre de la circulaire du 28 mai 1997, instituant la mise en place des cellules médico-psychologiques d’urgence dans le cadre de l’aide médicale d’urgence, le volontaire infirmier doit être infirmier de secteur psychiatrique (titre en voie d’extinction) ou infirmier diplômé d’état ayant des connaissances en psychiatrie (titre défini dans les décrets 95.647 du 9 mai 1995 relatifs à l’accueil et aux urgences dans les établissements de santé et dans le décret 95.648 du 9 mai 1995 relatif à la mise en œuvre (conditions techniques) de l’activité de soins «accueil et traitements des urgences»), aucune autre spécification n’est demandée.

ANALYSE DE LA REALITE DE LA DEMANDE :
Au-delà des connaissances de base, l’infirmier non spécifiquement formé aux situations d’urgence sera confronté à divers éléments pouvant le déstabiliser (poster n°2) :

Un stress important (mise en situation qui n’est pas maîtrisée par une formation, pour laquelle il est difficile d’être préparé).
Une situation d’exception (pas de choix du temps, de l’heure, départ immédiat, lieu non connu, victimes en phase aiguë, implication dans une organisation mal connue, inadéquation entre les moyens et la demande).
Un manque de maîtrise d’une partie des gestes ou connaissances de base suivant son lieu d’exercice (somatique, psychiatrique, soins d’urgence).
Un manque de connaissances en gestes de secourisme.
Parfois un manque de condition physique.
Des obligations familiales pouvant poser problème (garde d’enfants).
Une méconnaissance du droit (implication médico-légale, cadre d’intervention, responsabilité professionnelle, partenaires institutionnels ou non).
Une méconnaissance du cadre d’intervention (type de plans, qui fait quoi, où, quel est le schéma de commandement ?).
Un cadre professionnel difficile (volontariat, hiérarchie hospitalière, récupération, moyens matériels), pouvant être très pénalisant et démoralisateur.
Compte tenu de ces observations, nourries d’une pratique quotidienne, il nous semble opportun de prévoir un minimum de connaissances en supplément du tronc commun afin de pouvoir répondre à la demande (pour laquelle nous sommes volontaires) et ne pas subir, nous aussi, un psychotraumatisme.

FORMATIONS COMPLEMENTAIRES :
Un cursus complet, mais non exhaustif, peut être mis en place, les spécialisations de niveau infirmier existant, mais il faut, pour cela, vaincre un certain nombre de difficultés que sont : L’absence d’un statut clair. Le financement de la formation. La disponibilité. La remise en cause de certaines pratiques professionnelles, et la nécessité de travailler différemment. La conception d’une formation adaptée au terrain, et essentiellement pratique. La reconnaissance de notre spécialité par la hiérarchie infirmière, médicale, d’établissement, ainsi que par les autres acteurs de l’intervention.
Il serait intéressant de créer une formation qui engloberait des formations différentes (médecine de catastrophe, victimologie, médico-légal, droit).

Jean-Luc JEANNIN
Infirmier membre de l’AFORCUMP
Membre de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique de la Vendée,
Victimologue clinicien,
Médecine de Catastrophe Mention Infirmier.
2, rue des Grouas, 85110 Chantonnay

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