La Rédaction

Mercedes-Benz S 320 CDI
S comme superlatif
La Mercedes classe S fait partie de ces véhicules qui sont à
l’automobile ce qu’un restaurant trois étoiles est au bistro de la gare. Dans les uns on se nourrit, dans
les autres on déguste. Dans les unes on se déplace, sans plus, dans les autres on voyage, et ce,
isolé du monde ambiant dans une atmosphère faite de sécurité, souplesse, silence, suavité,
et à laquelle se mêle une once de sensualité.
Ce segment de véhicule haut de gamme comprend, outre la classe S de Mercedes, l’Audi A8, la BMW série
7 et la Volvo 80. Au total environ 3 400 unités de ce segment sont vendues chaque année en France.
Mercedes occupe, traditionnellement, un peu plus de 40% du marché des berlines de luxe. Ce qui est surprenant,
c’est la part prise, dans ce créneau, par les motorisations diesel. Il est, de prime abord, difficile en
terme d’image de les associer à des voitures valant plus de 400.000 F. Détrompons-nous, Mercedes
prévoit de vendre 62% des classe S en motorisation diesel ! Ce n’est pourtant certainement pas une économie
à la pompe de quelques milliers de francs par an qui motive le choix des heureux, et fortunés, acheteurs.
En fait ces véhicules sont, à tous les niveaux, un concentré de technologie. Ceci concerne
donc aussi une motorisation, qui est désormais extrêmement sophistiquée, comportant une injection
«rampe commune» à haute pression (1350 bar !), nourrie par un turbo compresseur à géométrie
variable modifiant la section de passage des gaz en fonction du régime moteur. La puissance délivrée
est impressionnante, 197 ch, et disponible dés 1800 tours avec un couple majestueux de 470 Nm, le tout expliquant
qu’il faut moins de 9 secondes pour amener les 1700 kilos de la Classe S de 0 à 100 km/h, avec une poussée
continue et franche jusqu’à 230 km/h sur circuit, bien sûr.
Cette course à la puissance que se livrent les marques citées se veut l’expression de leur savoir
faire, et les clients ne s’y trompent pas. Ils savent que ces modèles font l’objet d’attentions toutes particulières
de la part des constructeurs, pour, non seulement effacer quelques inconvénients liés au diesel,
bruit de fonctionnement ou accélérations modestes, mais en faire désormais un vrai produit
de luxe, c’est à dire s’inspirant de la perfection. Nous avons même cru comprendre que des motorisations
de 300 ch sont en préparation, Mercedes anticipant déjà la riposte des concurrents.
L’essai que nous avons pu effectuer dans le sud de l’Espagne, au cœur de l’hiver andalou,
nous a permis de découvrir toutes les potentialités de la classe S 320 CDI. Des autoroutes du bord
de mer aux routes étroites et sinueuses des montagnes enneigées de l’arrière pays, nous avons
pu tester les trois types de suspension, de moelleuse à sport, se réglant d’un simple contact au
tableau de bord. La réactivité de l’auto s’adapte parfaitement aux divers revêtements, mais
aussi à votre humeur, et style de conduite, du moment. Pour exploiter au mieux la puissance du moteur, la
S 320 CDI dispose d’une boite automatique à 5 rapports permettant ainsi, si l’on veut se faire plaisir,
et par simple impulsion, de monter ou descendre les rapports à la volée. Décrire tous les
aménagements destinés à accroître le confort du conducteur et des passagers prendrait
plusieurs pages de cette revue tant ils sont nombreux. Ils ne font que nous rappeler cruellement combien nos propres
véhicules sont quelque peu ordinaires. Citons simplement, en exemple, certains éléments de
sécurité, comme la présence de 8 (!) coussins gonflables, caractérisés par une
vitesse de déploiement proportionnelle à la vitesse de l’impact, ou encore le système distronic
qui maintient automatiquement le véhicule à la distance souhaitée du véhicule qui le
précède. Bien entendu les feux de croisement s’allument dès que se fait l’obscurité,
et les appuis tête arrières se relèvent dès que les passagers bouclent leur ceinture.
Nous passerons sous silence la climatisation perfectionnée, la chaîne Hi-Fi s’adaptant au niveau sonore
de l’habitacle, les fauteuils à mémoire.
A ce niveau de perfection les critiques ne peuvent être que discrètes, comme l’est d’ailleurs la ligne
générale de la classe S qui ne se veut pas ostentatoire. Nous dirons tout de même qu’il faut
une bonne heure pour assimiler calmement les diverses commandes à disposition. Il est vrai que ce temps
sera rapidement rattrapé sur la route, et ce, en toute sécurité.
La Rédaction