La Rédaction
Nouveautés en rythmologie :
les défibrillateurs implantables
Il y a eu 45.000 implantations de défibrillateurs implantables en 1997, de par le monde. En France, elles restent peu nombreuses, et les raisons sont nombreuses. Un peu comme en ce qui concerne la diffusion des défibrillateurs semi-automatiques, le monde médical français reste, disons circonspect, pour toute technique qui supplante son monde de fonctionnement traditionnel : examen sémiologique, diagnostic, réflexion et décision thérapeutique. Ici le traitement est instauré avant même que le trouble ait pu avoir une traduction clinique. Cest superbe ! (Trop ?)
Aux raisons médico-sociologique de réticence, se rajoutent aussi des raisons logistiques, car les centres susceptibles de réaliser une implantation sont encore peu nombreux, et des raisons économiques, car limplantation nest pas prise en charge et reste comptabilisée sur le budget global de létablissement. Sur les 45.000 implantations réalisées en 1997, 35.000 lont été aux Etats Unis, et 480 en France, ce qui fait, chez nous un taux de 8,3 appareils par million dhabitants contre 38 pour lAllemagne ! Pour valider cette technique, de nombreuses études ont été conduites. Létude MADIT fut le premier essai randomisé publié. Elle insiste sur lintérêt potentiel des indications prophylactiques. Ce travail a été cependant critiqué en raison du faible nombre de patients traités par bêtabloquants dans le groupe non implanté. létude AVID concerne des patients réanimés après un arrêt cardiaque, ou choqués pour une TV mal tolérée. Ils ont été randomisés pour recevoir soit un défibrillateur soit un traitement par amiodarone ou sotalol.
STRATÉGIE THÉRAPEUTIQUE DANS
CERTAINES SITUATIONS PARTICULIÈRES :
Torsades de pointe :
La première action chez cette patiente (statistiquement le sujet est de sexe
féminin), sera denvisager un traitement étiologique. Il faut arrêter la
quinidine, corriger lhypokaliémie, mettre un stimulateur face à un rythme lent par
BAV.
Des situations particulières seront ensuite examinées.
Le QT long congénital : en cas de récidive sous bêtabloqueurs, deux traitements
peuvent être proposés, la stellectomie gauche et le défibrillateur implantable.
Les torsades de pointe à couplage court : ce type de trouble du rythme est à
lorigine certainement dun nombre important de morts subites par FV primitive.
Aucun traitement curatif nest connu, est le défibrillateur implantable apporte seul
une solution.
Fibrillation Ventriculaire ischémique :
Si le patient a survécu à cet épisode initial, il faut, après
revascularisation, le réévaluer sur le plan rythmique.
Si la FV est liée directement à lischémie et quil ne subsiste pas de
substrat électrophysiologique de tachycardie ventriculaire déclenchable, le risque est
faible.
Si persiste un substrat TV/FV, limplantation dun défibrillateur doit
être envisagée, la position minimaliste consistant à instaurer des bêtabloquants.
Dysplasie du ventricule droit :
Si cette dysplasie se manifeste par une TV soutenue syncopale, un traitement
médical peut être envisagé. Si cest un épisode de FV avec état de mort subite
traitée sur le terrain par défibrillation qui conduit ce patient aux urgences,
limplantation ne se discute pas.
TV ou FV sur cardiopathie gauche :
La discussion essentielle est entre traitement médical optimal (bêtabloqueur
+ amiodarone ) versus défibrillateur implantable. Le critère de décision pourrait
être la mesure de la fraction déjection du ventricule gauche, selon quelle
est supérieure ou inférieure à 30%. Dans ce dernier cas, la survie à 5 ans est
inférieure à 50%
.sans défibrillateur !
La Rédaction
Informations issues de Cardiologie Pratique. Mars 1998.