Daniel JOST - Jean-Pascal GIOCANTI - François RICHTER - Alain MICHEL
La défibrillation semi-automatique
Expérience de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris et expérience française
Le concept de la Défibrillation Semi-Automatique (DSA) trouve son origine dans les travaux originaux de Mirowski concernant les défibrillateurs implantables. Lamélioration du pronostic des Fibrillations Ventriculaires (FV) par une défibrillation précoce a entraîné depuis plus de dix ans la diffusion des DSA dans de nombreux pays (Etats-Unis, Grande Bretagne, Norvège, Suède, Israël, Allemagne, Belgique). Plus récemment en France, le Conseil National de lOrdre des Médecins et lAcadémie de Médecine ont donné un avis favorable pour lutilisation des DSA par des personnels non-médecins. Nous présentons ici les résultats préliminaires de lutilisation du DSA à Paris puis en France depuis son introduction dans la chaîne des secours.
LE DSA A PARIS
LE MATÉRIEL ET LES SITES
DIMPLANTATION :
Le 1er novembre 1993, 16 DSA ont été mis en place dans des véhicules de
prompt-secours de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP). Le 1er mai 1997, 15
appareils supplémentaires sont venus enrichir le parc des DSA. La Brigade comptant près
de 80 casernes, limplantation des appareils sest faite sur un certain nombre
de secteurs dintervention en fonction des critères suivants : lexistence
dans le secteur concerné dune activité importante de type "secours à
victime" et la proximité de médecins urgentistes ou réanimateurs permettant un
meilleur contrôle de la mise en uvre des DSA. Létude concerne donc une zone
peuplée de 1,2 millions dhabitants où se déroulent plus de 40.000 interventions
de type "secours à victime" par an. Le DSA y a été utilisé en moyenne une
fois toutes les 132 interventions.
LA FORMATION :
La mise en uvre du DSA exige une formation complémentaire spécifique des
chefs dagrès. De 1993 à 1996, ce sont 163 chefs déquipes qui ont été
formés à cet effet. La plupart dentre eux possédaient déjà 3 à 5 ans
dexpérience sur le terrain. Le cycle de formation complémentaire a comporté
quatre heures de théorie portant sur lArrêt Cardio-Circulatoire (ACR), la
connaissance de la FV et la défibrillation. Quatre heures de pratique ont ensuite permis
la présentation de lappareil avec les modalités de mise en uvre, la
maintenance et lentraînement à lutilisation sur mannequin. Les équipiers
ont, quant à eux, bénéficié dune formation pratique de 3 heures leur permettant
de se familiariser avec le DSA, même si au cours dune intervention ils ne sont pas
directement amenés à manipuler lappareil. Un examen dhabilitation a
sanctionné cette formation devant un jury mixte, composé de médecins, dofficiers
du bureau formation de la Brigade, dinstructeurs nationaux de secourisme ou de
moniteurs nationaux de premier secours. Un entraînement quotidien permet enfin de
maintenir efficacité individuelle et cohésion de léquipe.
LINTERVENTION :
Toute intervention pour laquelle les données de linterrogatoire peuvent
faire suspecter un ACR, fait lobjet de lenvoi conjoint dun véhicule de
prompt secours équipé dun DSA et dune Unité Mobile de Réanimation (UMR).
Dès son arrivée, léquipe de prompt secours, après avoir confirmé létat
de mort apparente, met en uvre les mesures classiques de Ressuscitation
Cardio-Pulmonaire (RCP) : libération des voies aériennes supérieures, Ventilation
Artificielle (VA), Massage Cardiaque Externe (MCE) avec cardiopompe. Dans le même temps
le chef déquipe contacte le médecin coordinateur pour confirmer lenvoi du
moyen médicalisé. Puis il fait placer les électrodes et met le DSA en marche. Après
avoir fait écarter les différents équipiers, lappareil analyse le tracé
recueilli. Une séquence de Choc(s) Electrique(s) Externe(s) (CEE) est instaurée si
lappareil en pose lindication. Sinon, les manuvres classiques de RCP
sont poursuivies jusquà larrivée du médecin et de son équipe.
LES RÉSULTATS
LA POPULATION ÉTUDIÉE :
Au cours de la période du 1er novembre 1993 au 1er mai 1997, 603 interventions
ont donné lieu à la mise en uvre du DSA. Nous retenons pour notre étude et pour
la description épidémiologique qui suit, les ACR dorigine non traumatique ayant
bénéficié dune tentative de réanimation médicalisée, soit un effectif de 423
malades. Parmi ces 423 patients, on trouve deux tiers dhommes et un tiers de femmes.
La moyenne dâge des victimes est de 61+ 18,6 ans, avec un maximum de 96 ans et un
minimum de 18 ans.
Les hommes sont en moyenne moins âgés que les femmes (60 contre 67,4 ans).
LE LIEU DE SURVENUE DE
LACR :
La majorité des interventions ont lieu au domicile du patient (59%). Les lieux
publics incluent par convention les terrains et salles de sport, les piscines. Ces
derniers endroits paraissent présenter un risque important de survenue dACR.
LA PRÉSENCE DUN TEMOIN,
LES GESTES ENTREPRIS :
70% des patients ont bénéficié de la présence dun témoin spectateur au
moment de leur effondrement. Seulement 32% des témoins ont entrepris des gestes de
survie. Une fois sur deux ces gestes associaient le bouche à bouche au MCE.
Pour 4,7% des malades les SP du véhicule de prompt secours ont assisté à la survenue de
lACR.
LES DÉLAIS
DINTERVENTION :
En général, le témoin dun ACR appelle les secours rapidement dès
linstant où il a assisté à leffondrement de la victime. Un retard dans la
réalisation de lalerte est le plus souvent lié à la non-reconnaissance dun
état de mort apparente ou à la méconnaissance des numéros dappel durgence.
Les engins de prompt secours se présentent sur place dans des délais brefs, eu égard
aux conditions de circulation en région parisienne : en moyenne 5 mn 25 sec +/- 2 mn. Ce
délai correspond au temps écoulé depuis la réception de lappel par le Central 18
jusquau moment où le véhicule sarrête de rouler. Le DSA est mis en
uvre en moyenne 10 minutes 40 sec (+/- 5 mn 20 sec) après lalerte initiale,
soit 5 minutes après larrêt du véhicule.
Ce délai supplémentaire sexplique facilement : la plupart des ACR survenant à
domicile, il faut un certain temps pour rejoindre le lieu précis où se trouve la
victime. Par ailleurs, dans la séquence de secourisme actuellement adoptée, la mise en
place des électrodes de défibrillation ne seffectue quaprès réalisation
des premiers gestes de survie. Une intervention sur la voie publique permet de mettre le
DSA en uvre dans la minute qui suit larrivée du Premier Secours sur les
lieux. Les délais darrivée du médecin et de son équipe sont relativement
importants. Entre lappel au 18 et larrivée de lambulance médicalisée,
il sécoule près de 20 minutes (+/-7). Ceci tient au nombre relativement restreint
de ces véhicules et à leur répartition géographique qui leur attribue un secteur
beaucoup plus étendu que celui des Premiers Secours. Si on étudie les 19%
dintervention pour lesquels le médecin a été envoyé simultanément avec le
Premier Secours, le délai "appel au 18/arrivée de lAR" est de 13 mn
(+/-3).
LES PATIENTS RÉANIMÉS PAR LE
MÉDECIN :
Parmi les 603 patients pour lesquels le Premier Secours a confirmé létat
de mort apparente, entrepris la RCP de base et mis en place le DSA, 423 malades (soit 70%)
ont bénéficié dune tentative de réanimation par le médecin de lAR.
ÉTIOLOGIES SUPPOSÉES DE
LACR :
Les patients bénéficiant dune tentative de réanimation médicalisée
peuvent être classés en trois groupes selon létiologie de lACR :
Létiologie cardiaque est fortement suspectée pour 46% dentre eux. Cette
étiologie est retenue après linterrogatoire de lentourage et analyse
clinique de la situation (apparition dune douleur thoracique, séjour récent en
cardiologie, sensation de palpitations douloureuses, prise récente répétée de
dérivés nitrés, etc.).
Pour 26% des malades réanimés, aucune étiologie napparaît évidente. Au sein de
ce groupe, un nombre non négligeable sont probablement liés à une cause coronarienne ou
vasculaire. Les recommandation de la conférence dUtstein préconisent
dinclure lensemble de ces malades dans le groupe "ACR dorigine
cardiaque".
Enfin, pour 28% des patients réanimés les circonstances de lACR sont très
diverses : détresse respiratoire aiguë, accident vasculaire cérébral, intoxication
médicamenteuse, hypothermie, électrocution, noyade, etc.
LACTIVITÉ ÉLECTRIQUE
INITIALE :
Létude de chaque dossier, au moyen des données mémorisées par
lappareil, a permis didentifier le type dactivité électrique cardiaque
au moment de la mise en uvre du DSA (tableau 1) (donc en moyenne 10 minutes après
la réception de lappel au 18).
Parmi les patients "médicalisés" (n = 423), le DSA a initialement détecté
les rythmes suivants :
Une asystolie pour 48% dentre eux (n = 203).
Une FV pour 38% dentre eux (n = 160).
Une Dissociation ElectroMécanique (DEM) pour 14% dentre eux (n = 60).
RÉSULTATS DE LA MISE EN
UVRE DU MDSA :
Plus de 99% des patients en FV initiale ont bénéficié de la délivrance
dau moins un choc électrique. Deux patients présentaient un aspect électrique de
tachycardie ventriculaire dont une seule a été choquée en présence du médecin qui a
laissé le DSA en place à son arrivée. La deuxième TV de fréquence trop faible
(130/mn) na pas été reconnue par lappareil comme étant justifiable de
ladministration dun CEE.
Au total si lon considère 100 malades en FV initiale, 21 récupèrent un pouls
palpable avant larrivée du médecin. Le taux de défibrillation réussie par le DSA
est donc de 21%. Le médecin va récupérer un pouls palpable pour 24 patients
supplémentaires. On a donc 45% des FV initiales qui retrouvent un pouls palpable à un
moment donné de la prise en charge préhospitalière. Seuls 35 sujets vont conserver une
stabilité hémodynamique suffisante pour être transportés à lhôpital, Enfin,
11% des FV initiales sortent vivants sans séquelle neurologique. Près des trois-quarts
(8/11) des malades survivants sans séquelle neurologique doivent leur Reprise
dActivité Circulatoire Spontanée (RACS) à laction initiale du DSA.
Parmi les patients en asystolie, 21% sont hospitalisés, et moins de 1% sortent vivants de
lhôpital.
ACCIDENTS ET INCIDENTS :
Aucun incident ni accident imputable à lutilisation du DSA na été
rapporté. Les différents matériels ont prouvé leur fiabilité et sont dun point
de vue ergonomique satisfaisants. Aucun appareil na délivré de choc intempestif,
la spécificité est donc de 100%. Quatre malades sur 423 (soit 0,9% des patients
médicalisés) ont présenté une FV dégradée (petites mailles damplitude
inférieure à 0,1 millivolts) pour laquelle lappareil na pas retenu
lindication de choc. Lanalyse a posteriori des tracés par un comité de
médecins montre que la défibrillation était cliniquement indiquée. La sensibilité
mesure la capacité de détection des rythmes devant être défibrillés, elle peut être
estimée ici à 99,1%.
LE DSA EN FRANCE
Les SP et le SAMU de Lyon, ont été
les précurseurs en ce qui concerne limplantation du DSA en France. La BSPP et les
SP de Lille se sont ensuite dotés des mêmes appareils. Lexpérience de chacun
aboutit rapidement à des conclusions identiques.
On peut en effet :
Affirmer la faisabilité de mise en uvre des DSA par les SP formés à cet effet
(Congrès de Lyon 1995).
Confirmer le meilleur pronostic des victimes en FV initiale par rapport aux asystolies et
aux FV dapparition secondaire, autant en ce qui concerne le taux
dhospitalisés, que le taux des patients sortis vivants de lhôpital.
Confirmer le meilleur pronostic en terme de survie sans séquelle neurologique, des
patients qui récupèrent un pouls palpable grâce à laction initiale du DSA.
COMMENTAIRES
CAS CLINIQUES :
La mise en uvre du DSA doit parfaitement sintégrer dans la chaîne
des secours si nous voulons devenir plus efficaces.
Nous reprenons ici deux observations particulièrement démonstratives :
Un patient de 70 ans, piéton à Paris, seffondre sans prodrome particulier. Un
témoin donne lalerte puis effectue le bouche à bouche et un massage cardiaque
externe. Le Véhicule de Prompt Secours arrive 6 à 7 minutes après leffondrement.
La séquence habituelle des gestes de survie est entreprise. Le DSA est mis en place. Le
malade va bénéficier de 6 chocs électriques en moins de quinze minutes avant de
récupérer un pouls palpable. Léquipe médicale se présente 18 minutes après
leffondrement. Laction du médecin se réduit à la pose dune voie
veineuse, à la mise en place dune ventilation contrôlée après intubation
orotrachéale, et à la surveillance électrocardiographique continue. Le patient est
hémodynamiquement stable et ne nécessite aucune drogue vasoactive Sur le plan
neurologique, des mouvements ventilatoires spontanés réapparaissent dans la demi-heure
suivante. Les pupilles initialement en mydriase reviennent rapidement en position
intermédiaire. Finalement le malade récupère un Score de Glasgow à 15 au deuxième
jour dhospitalisation. Le diagnostic final est une Fibrillation Ventriculaire
maligne idiopathique. Lindication dun défibrillateur implantable est retenue.
Le patient est rapidement opéré et retrouve son domicile à peine 10 jours après
laccident. Médecin à la retraite, il a aujourdhui retrouvé son activité
favorite : le jardinage.
Un jeune homme de 17 ans se promène dans les rues de Paris et sécroule
brutalement. Les secours alertés immédiatement par un témoin se présentent sur place
en 4 minutes. Le témoin na pas entrepris de geste de survie. A larrivée des
SP, le DSA est appliqué selon le protocole usuel. Après le premier choc, le jeune homme
récupère un pouls palpable. Léquipe médicale qui arrive vers la 13e minute prend
en charge un patient avec un Score de Glasgow à 13. Le bilan, hospitalier conclue à une
arythmie consécutive à une myocardite. Cinq semaines après laccident, le patient
pratique à nouveau son sport préféré : le surf.
Ces cas spectaculaires se reproduisent désormais de plus en plus souvent. Ils ne doivent
cependant pas faire oublier les écueils qui persistent dans la prise en charge des
victimes en ACR. Lalerte est encore souvent donnée trop tardivement par
méconnaissance des signes cardinaux dun état de mort apparente. La réalisation
des gestes de survie par les premiers témoins reste encore exceptionnelle.
Léducation de la population française en matière de secourisme, nest en
rien comparable avec celle des pays anglo-saxons.
Cette ignorance est un problème majeur de santé publique. Le bénéfice sur la survie
passe par un renforcement simultané de tous les maillons de la chaîne des secours. Les
moyens nécessaires pour relever ce pari sont cependant considérables.
Lutilisation du DSA a également des conséquences positives indirectes : les
différents intervenants (SP des premiers secours, médecins des AR) se sentent
remotivés, se rendant compte que le DSA peut modifier le pronostic dun ACR. Ce
regain de motivation se traduit essentiellement par une meilleure réalisation des gestes
de réanimation. Ceci est profitable, non seulement pour les patients en FV initiale, mais
également pour les patients en asystolie.
PERSPECTIVES DAVENIR
VERS UNE UTILISATION PLUS
LARGE DU DSA ?
Le DSA sadresse à des non-médecins. Qui sont-ils ? A lheure
actuelle il sagit de secouristes professionnels appartenant à une structure de
secours organisée. La question est de savoir si, comme aux USA, le grand public pourra
bientôt utiliser ces appareils à tout venant. Le consensus actuel est formel :
lutilisation du DSA obéit à un certain nombre de règles dictées par lAHA
(American Heart Association) et lERC (European Resuscitation Council) :
Nécessité de normes techniques précises de lappareil.
Respect de lindication de la mise en uvre (état de mort apparente).
Intégration de son utilisation dans le cadre dune séquence de RCP.
Formation spécifique complémentaires des utilisateurs.
Contrôle médical permanent.
LES PROGRÈS DANS
LANALYSE RYTHMOLOGIQUE :
Les banques de données actuellement utilisées pour valider un DSA ont été
conçues par lAHA et le MIT (Massachusetts Institut of Technology). Ces deux banques
comprennent environ 64 heures délectrocardiographie de patients avec tous types de
pathologies et tous types de troubles du rythme.
Il existe certains troubles du rythme particuliers que le DSA sait maintenant
traiter :
La tachycardie ventriculaire au dessus de 180 battements par minute (bien sûr
concomitante dun état de mort apparente).
La torsade de pointe. En dehors de son aspect classique, cette forme particulière de FV a
souvent des aspects électriques polymorphes. Cependant le signe clinique pathognomonique
de la torsade est son aspect fugace avec un retour rapide de la conscience. Si le trouble
se prolonge, on ne parlera plus de torsade mais de fibrillation. Létat de mort
apparente se pérennisant, le DSA posera lindication de choc.
Le patient porteur dun pace-maker. La présence dun pace-maker impose
certaines précautions : lélectrode du DSA doit être posée à distance du
site dimplantation du pace-maker Sur le plan technologique, les DSA actuels sont
capables de faire abstraction du "spike" pour laisser apparaître la FV
éventuellement sous-jacente. Lindication de choc peut donc être posée.
SENSIBILITÉ ET
SPÉCIFICITÉ :
Un DSA sera dautant plus sensible quil saura reconnaître une FV de
faible amplitude. Les progrès technologiques ont fait baisser cette sensibilité
jusquà 0,1 milliVolt. Pour gagner en sensibilité, lappareil doit amplifier
les signaux les plus faibles. On risque par la même occasion damplifier des signaux
parasites qui seront interprétés à tort comme une FV. Ces faux positifs diminuent donc
la spécificité de lappareil. La spécificité est un critère de sécurité pour
le malade. Elle doit être la plus proche de 100% même si on perd un peu de sensibilité.
LE TYPE DONDE
ADMINISTRÉ PAR LE DSA :
Les appareils actuels utilisent comme type donde de choc une onde
monophasique. Londe biphasique des défibrillateurs implantables a été évaluée
chez lhomme en administration transthoracique en milieu hospitalier. Le taux de
défibrillation est au moins équivalent à celui quon obtient avec une onde
monophasique. Lévaluation préhospitalière nest pas encore
dactualité, un certain nombre de problèmes électrophysiologiques nétant
pas réglés à ce jour.
CONCLUSION
La BSPP va progressivement doter
lensemble de ses véhicules de DSA. Les médecins parisiens, lyonnais et lillois ont
dores et déjà entamé un travail commun de réflexion sur la défibrillation
précoce en milieu urbain.
A moyen terme lutilisation du DSA va se généraliser en France.
Il faut garder à lesprit que cet appareil nest pas un outil magique.
Restons stricts et vigilants sur le respect de ses modalités dutilisation. Nos
efforts dans la prise en charge de larrêt cardiaque ne doivent pas non plus se
limiter à la défibrillation précoce. Ne perdons pas de vue lénorme taux
déchec lié à des délais dintervention qui restent encore longs, la faible
éducation du public français en matière de gestes de survie. La dynamique créée par
lintroduction du DSA doit maintenant se transmettre aux autres maillons de la
chaîne de survie.
Daniel JOST
Jean-Pascal GIOCANTI
François RICHTER
Alain MICHEL
Service Médical dUrgence de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris
Et le Groupe de Réflexion sur la
Défibrillation Semi-Automatique de la BSPP : J.P. Giocanti, H. Le Hot, D. Jost,
E.Morell, E. Cheftel, L. Domanski, C. Fuilla, F. Richter, A. Michel. Expérience
lyonnaise : Dr Rebreyend-Colin, G. Prost, Pr. P. Petit.
Expérience lilloise : Dr R. Joly, L. Besnard, N. Benameur, P. Goldstein.
BIBLIOGRAPHIE
1. - American Heart Association
and the European Resuscitation Council Guidelines for cardiopulmonary resuscitation and
emergency cardiac care. - JAMA. 1992. 268, 2171-2302.
2. - T.E. Auble, J.J. Menegazzi, P.M. Paris. - Effects of out of hospital defibrillation
by basic life support providers on cardiac arrest mortality : a metaanalysis. - Ann.
Emerg. Med. 1995 ; 25, 642-648.
3. - J.P. Auffray, T. Gonzales, S. Levy. - Réanimation préhospitalière de larrêt
cardio-respiratoire. -Tiré de S. Levy - Mort subite cardiaque. - Prévention et prise en
charge préhospitalière. - DGDL Edit. 1994 ; 31-52.
4. - Bardy et al. - Multicenter Comparison of Truncated Biphasic Shocks and Standard
Damped Sine Wave Monophasic Shocks for Transthoracic Ventricular Defibrillation. -
Circulation. 1996 ; 94 : 2507.
5. - R.O. Cummins, J.P. Ornato, W.H. Thies, P.E. Pepe. - Improving survival from sudden
cardiac arrest : the "chain of survival" concept. - Circulation.
1991 ; 83 : 1832-1847.
6. - R.O. Cummins, D.A. Chamberlain, N.S. Abramson, M. Allen. - Recommanded guideline for
uniform reporting of data from out-of-hospital cardiac arrest: the Utstein style
conference. - Circulation. 1991 ; 84 : 960 - 975.
7. - European Resuscitation Council. - Guidelines for basic life support. - Resuscitation.
1992 ; 24, 103-110.
8. - G. Leclerq, C. Lapandry. - Innovation technologique et amélioration de la prise en
charge extrahospitalière des patients en arrêt cardio-respiratoire. - JEUR 1991 ;
4, 192-198.
9. - M. Mirowski, P.R. Reid, M.M. Mower, L. Jr. Watkins. - Termination of malignant
ventricular arythmias with an implanted automatic defibrillator in human beings. - Engl.
J. Med. 1980 ; 16, 303-322.
10. - M. Mirowski, P.R. Reid, R.A. Winckle, M.M. Mower, J. Jr. Watkins. - Mortality in
patient with implanted automatic defibrillators. - Ann. Intern. Med. 1983 ; 98 (part
1), 585-588.
11. - P. Mols, Ph. Clevenbergh, B. Henry, M. Decroly. - Semi-automatic external
defibrillation. - Europ J. of Emerg. Medicine. 1994 ; 1 , 210-213.
12. - F. Richter, A. Lienhard, C. Fuilla, H. Julien. - Défibrillation et prompt secours.
Actualités et perspectives en milieu parisien. - La Revue des SAMU 1992 ; 15 : 5-8.
13. - P. Safar. - History of cardiopulmonary-cerebral resuscitation. Cardiopulmonary
Resuscitation. - Churchill Livingstone Edit. 1989 ; 1-53.